海の労働者 — Victor Hugo
Les Travailleurs de la mer ÉDITION NATIONALE VICTOR HUGO LES TRAVAILLEURS DE LA MER I PARIS LIBRAIRIE DE L’ÉDITION NATIONALE ÉMILE TESTARD, ÉDITEUR 18, RUE DE CONDÉ, 18 1891 Pages. Dédicace Préface L’ARCHIPEL DE LA MANCHE I. Les anciens cataclysmes II. Guernesey III. Guernesey (suite) IV. L’herbe V. Les risques de mer VI. Les rochers VII. Paysage et océan mêlés VIII. Saint-Pierre-Port IX. Jersey, Aurigny, Serk X. Histoire, Légende, Religion XI. Les vieux repères et les vieux saints XII. Particularités locales XIII. Travail de la civilisation dans l’archipel XIV. Autres Particularités XV. Antiquités et antiquailles, Coutumes, lois et mœurs XVI. Suite des particularités XVII. Compatibilité des extrêmes XVIII. Asile XIX. XX. Homo edax XXI. Puissance des casseurs de pierres XXII. Bonté du peuple de l’archipel LES TRAVAILLEURS DE LA MER PREMIÈRE PARTIE SIEUR-CLUBIN LIVRE PREMIER DE QUOI SE COMPOSE UNE MAUVAISE RÉPUTATION I. Un mot écrit sur une page blanche II. Le bû de la Rue III. « Pour ta femme, quand tu te marieras » IV. Impopularité V. Autres côtés louches de Gilliatt VI. La panse VII. À maison visionnée habitant visionnaire VIII. La chaise Gild-Holm-’Ur LIVRE DEUXIÈME MESS LETHIERRY I. Vie agitée et conscience tranquille II. Un goût qu’il avait III. La vieille langue de mer IV. On est vulnérable dans ce qu’on aime LIVRE TROISIÈME DURANDE ET DÉRUCHETTE I. Babil et fumée II. Histoire éternelle de l’utopie III. Rantaine IV. Suite de l’histoire de l’utopie V. Le bateau-diable VI. Entrée de Lethierry dans la gloire VII. Le même parrain et la même patronne VIII. L’air Bonny Dundee IX. L’homme qui avait deviné Rantaine X. Les récits de long cours XI. Coup d’œil sur les maris éventuels XII. Exception dans le caractère de Lethierry XIII. L’insouciance fait partie de la grâce LIVRE QUATRIÈME LE BUG-PIPE I. Premières rougeurs d’une aurore ou d’un incendie II. Entrée, pas à pas, dans l’inconnu III. L’air Bonny Dundee trouve un écho dans la colline IV. Pour l’oncle et le tuteur, bonshommes taciturnes, Les sérénades sont des tapages nocturnes V. Le succès juste est toujours haï VI. Chance qu’ont eue ces naufragés de rencontrer ce sloop VII. Chance qu’a eue ce flâneur d’être aperçu par ce pêcheur LIVRE CINQUIÈME LE REVOLVER I. Les conversations de l’auberge Jean II. Clubin aperçoit quelqu’un III. Clubin emporte et ne rapporte point IV. Plainmont V. Les déniquoiseaux VI. La Jacressarde VII. Acheteurs nocturnes et vendeurs ténébreux VIII. Carambolage de la bille rouge et de la bille noire IX. Renseignement utile aux personnes qui attendent, ou craignent, des lettres d’outre-mer LIVRE SIXIÈME LE TIMONIER IVRE ET LE CAPITAINE SOBRE I. Les rochers Douvres II. Du cognac inespéré III. Propos interrompus IV. Où se déroulent toutes les qualités du capitaine Clubin V. Clubin met le comble à l’admiration VI. Un intérieur d’abîme éclairé VII. L’inattendu intervient LIVRE SEPTIÈME IMPRUDENCE DE FAIRE DES QUESTIONS À UN LIVRE I. La perle au fond du précipice II. Beaucoup d’étonnement sur la côte ouest III. Ne tentez pas la bible DEUXIÈME PARTIE GILLIATT LE MALIN LIVRE PREMIER L’ÉCUEIL I. L’endroit où il est malaisé d’arriver et difficile de repartir II. Les perfections du désastre III. Saine, mais non sauve IV. Examen local préalable V. Un mot sur la collaboration secrète des éléments VI. Une écurie pour le cheval VII. Une chambre pour le voyageur VIII. Importunæque volucres IX. L’écueil, et la manière de s’en servir X. La forge XI. Découverte XII. Le dedans d’un édifice sous mer XIII. Ce qu’on y voit et ce qu’on y entrevoit LIVRE DEUXIÈME LE LABEUR I. Les ressources de celui à qui tout manque II. Comme quoi Shakespeare peut se rencontrer avec Eschyle III. Le chef d’œuvre de Gilliatt vient au secours du chef d’œuvre de Lethierry IV. Sub re V. Sub umbrà VI. Gilliatt fait prendre position à la panse VII. Tout de suite un danger VIII. Péripétie plutôt que dénoûment IX. Le succès repris aussitôt que donné X. Les avertissements de la mer XI. À bon entendeur, salut LIVRE TROISIÈME LA LUTTE I. L’extrême touche l’extrême et le contraire annonce le contraire II. Les vents du large III. Explication du bruit écouté par Gilliatt IV. Turba, turma V. Gilliatt a l’option VI. Le combat LIVRE QUATRIÈME LES DOUBLES FONDS DE L’OBSTACLE I. Qui a faim n’est pas le seul II. Le monstre III. Autre forme de combat dans le gouffre IV. Rien ne se cache et rien ne se perd V. Dans l’intervalle qui sépare six pouces de deux pieds il y a de quoi loger la mort VI. De profundis ad altum VII. Il y a une oreille dans l’inconnu TROISIÈME PARTIE DÉRUCHETTE LIVRE PREMIER NUIT ET LUNE I. La cloche du port II. Encore la cloche du port LIVRE DEUXIÈME LA RECONNAISSANCE EN PLEIN DESPOTISME I. Joie entremêlée d’angoisses II. La malle de cuir LIVRE TROISIÈME DÉPART DU « CASHMERE » I. Le Havelet tout proche de l’église II. Les désespoirs en présence III. La prévoyance de l’abnégation IV. « Pour ta femme, quand tu te marieras » V. La grande tombe NOTES Dédicace Je dédie ce livre au rocher d’hospitalité et de liberté, à ce coin de vieille terre normande où vit le noble petit peuple de la mer, à l’île de Guernesey, sévère et douce, mon asile actuel, mon tombeau probable. V. H. Préface La religion, la société, la nature ; telles sont les trois luttes de l’homme. Ces trois luttes sont en même temps ses trois besoins ; il faut qu’il croie, de là le temple ; il faut qu’il crée, de là la cité ; il faut qu’il vive, de là la charrue et le navire. Mais ces trois solutions contiennent trois guerres. La mystérieuse difficulté de la vie sort de toutes les trois. L’homme a affaire à l’obstacle sous la forme superstition, sous la forme préjugé, et sous la forme élément. Un triple anankè pèse sur nous, l’anankè des dogmes, l’anankè des lois, l’anankè des choses. Dans Notre-Dame de Paris , l’auteur a dénoncé le premier ; dans les Misérables , il a signalé le second ; dans ce livre, il indique le troisième. À ces trois fatalités qui enveloppent l’homme se mêle la fatalité intéri