The Man Who Married a Dumb Wife — Anatole France
You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.org . If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook. Title : La comédie de celui qui épousa une femme muette Author : Anatole France Release date : November 17, 2020 [eBook #63794] Most recently updated: October 18, 2024 Language : French Other information and formats : www.gutenberg.org/ebooks/63794 Credits : Produced by Laurent Vogel and the Online Distributed Proofreading Team at https://www.pgdp.net (This file was produced from images generously made available by The Internet Archive/Canadian Libraries) *** START OF G. Cohen, reprise au Théâtre de la Porte-Saint-Martin le 23 mai 1912 et aux matinées des «Samedis de la Parisienne», au Théâtre de la Renaissance, le 9 novembre 1912. CALMANN LÉVY, ÉDITEURS DU MÊME AUTEUR THÉATRE AU PETIT BONHEUR , comédie en un acte. Droits de traduction, de reproduction et de représentation réservés pour tous les pays. Copyright, 1913, by Calmann-Lévy . 518-15.—Coulommiers. Imp. Paul BRODARD .—P4-13. ANATOLE FRANCE DE L'ACADÉMIE FRANÇAISE LA COMÉDIE DE CELUI QUI ÉPOUSA UNE FEMME MUETTE Utinam aut hic surdus, aut hæc muta facta fit! (Davus dans l' Andrienne de Térence.) PARIS CALMANN-LÉVY, ÉDITEURS 3, RUE AUBER , 3 Il a été tiré de cet ouvrage SOIXANTE-QUINZE EXEMPLAIRES SUR PAPIER DE HOLLANDE et VINGT-CINQ EXEMPLAIRES SUR PAPIER IMPÉRIAL DU JAPON tous numérotés. A MADAME GASTON CALMANN-LÉVY Très respectueusement et très affectueusement. A. F. PERSONNAGES A la Porte Saint-Martin. A la Renaissance. MONSIEUR LÉONARD BOTAL, juge MM. Decaye. MM. Decaye. MAITRE ADAM FUMÉE, avocat Vilbert. Cognet. MAITRE SIMON COLLINE, médecin Galipaux. Cousin. MAITRE JEAN MAUGIER, chirurgien-barbier Bacqué. Géo Leclercq. MAITRE SÉRAPHIN DULAURIER, apothicaire Koval. Scott. LE SIEUR GILLES BOISCOURTIER, secrétaire de M. Léonard Botal Rablet. Paul. UN AVEUGLE, qui joue de la musette Dutilloy. Constant. CATHERINE, femme de M. Léonard Botal M lle de Pouzols Saint-Phar. ALIZON, servante de M. Léonard Botal M lles M. Yrven. M lles Lutzi. MADEMOISELLE DE LA GARANDIÈRE G. Gravier. Y. Daumont. Une salle du rez-de-chaussée, en la maison de M. Léonard Botal. A gauche l'entrée sur la rue Dauphine à Paris; quand la porte s'ouvre on aperçoit le Pont-Neuf. A droite une porte donnant sur la cuisine. Au fond un escalier de bois conduisant aux chambres du premier étage. Aux murs pendent des portraits de magistrats en robe et se dressent de vastes armoires remplies et surchargées de sacs, de livres, de papiers et de parchemins. Une échelle double, à roulettes permet d'atteindre au haut des armoires. Une table à écrire, des chaises et des fauteuils de tapisseries, un rouet. LA COMÉDIE DE CELUI QUI ÉPOUSA UNE FEMME MUETTE ACTE PREMIER SCÈNE PREMIÈRE GILLES BOISCOURTIER, ALIZON, puis MAITRE ADAM FUMÉE et M. LÉONARD BOTAL Gilles Boiscourtier est occupé à griffonner et à bâiller lorsque entre la servante Alizon, un grand panier sous chaque bras. Dès qu'il la voit, Gilles Boiscourtier saute sur elle. ALIZON. Sainte Vierge, est-il permis de se jeter comme un loup-garou sur les créatures, dans une salle ouverte à tout venant? GILLES, qui tire de l'un des paniers une bouteille de vin. Ne crie donc pas, petite oie. On ne songe pas à te plumer. Tu n'en vaux pas la peine. ALIZON. Veux-tu bien laisser le vin de monsieur le juge, larron! Elle pose ses paniers à terre, rattrape sa bouteille, soufflette le secrétaire, reprend ses paniers et s'enfile dans la cuisine, dont on voit la cheminée par la porte entr'ouverte. Entre maître Adam Fumée. MAITRE ADAM. N'est-ce point ici que demeure monsieur Léonard Botal, juge au civil et au criminel. GILLES. C'est ici, monsieur, et vous parlez à son secrétaire, Gilles Boiscourtier, pour vous servir. MAITRE ADAM. Eh! bien, mon garçon, va lui dire que son ancien condisciple, maître Adam Fumée, avocat, vient l'entretenir d'une affaire. On entend du dehors une voix qui chante: «du mouron pour les petits oiseaux». GILLES. Monsieur, le voici lui-même. Léonard Botal descend l'escalier intérieur. Gilles se retire dans la cuisine. MAITRE ADAM. Salut, monsieur Léonard Botal, j'ai joie à vous revoir. LÉONARD. Bonjour, maître Adam Fumée, comment vous portez-vous depuis le long temps que je n'ai eu le plaisir de vous voir? MAITRE ADAM. Fort bien! Et vous de même, j'espère, monsieur le juge. LÉONARD. Quel bon vent vous amène, maître Adam Fumée? MAITRE ADAM. Je viens tout exprès de Chartres pour vous remettre un mémoire en faveur d'une jeune orpheline dont… LÉONARD. Vous souvient-il, maître Adam Fumée, du temps où nous étudiions le droit à l'université d'Orléans? MAITRE ADAM. Oui, nous jouions de la flûte, nous faisions collation avec les dames et nous dansions du matin au soir… Je viens, monsieur le juge et cher condisciple, vous remettre un mémoire en faveur d'une jeune orpheline dont la cause est présentement pendante devant vous. LÉONARD. Donne-t-elle des épices? MAITRE ADAM. C'est une jeune orpheline… LÉONARD. J'entends bien. Mais donne-t-elle des épices? MAITRE ADAM. C'est une jeune orpheline dépouillée par son tuteur, qui ne lui a laissé que les yeux pour pleurer. Si elle gagne son procès, elle redeviendra riche et donnera de grandes marques de sa reconnaissance. LÉONARD, prenant le mémoire que lui tend maître Adam. Nous examinerons son affaire. MAITRE ADAM. Je vous remercie, monsieur le juge et cher ancien condisciple. LÉONARD. Nous l'examinerons sans haine ni faveur. MAITRE ADAM. Vous n'avez pas besoin de le dire… Mais répondez-moi. Tout va-t-il bien comme vous voulez? Vous paraissez soucieux. Pourtant vous êtes nanti d'une bonne charge? LÉONARD. Je l'ai payée comme bonne et n'ai point été trompé. MAITRE ADAM. Peut-être êtes-vous las de vivre seul. Ne songez-vous point à vous marier? LÉONARD. Eh! quoi? maître Adam, ne savez-vous point que je suis