東方詩集 — ヴィクトル・ユゴー
Page de couverture Les Orientales Préface de l’édition originale Préface de février 1829 Le feu du ciel Canaris Les têtes du sérail Enthousiasme Navarin Cri de guerre du mufti La douleur du pacha Chanson de pirates La captive Clair de lune Le voile La sultane favorite Le derviche Le château-fort Marche turque La bataille perdue Le ravin L’enfant Sara la baigneuse Attente Lazzara Vœu La ville prise Adieux de l’hôtesse arabe Malédiction Les tronçons du serpent Nourmahal-la-Rousse Les djinns Sultan Achmet Romance mauresque Grenade Les Bleuets Fantômes Mazeppa Le Danube en colère Rêverie Extase Le Poëte au calife Bounaberdi Lui Novembre À propos Les Orientales À propos Les Orientales Victor Hugo Ollendorf, Paris, 1912 Exporté de Wikisource le 9 mai 2026 TABLE. Préface de l’édition originale Préface de février 1829 I. Le feu du ciel II. Canaris III. Les têtes du sérail IV. Enthousiasme V. Navarin VI. Cri de guerre du mufti VII. La douleur du pacha VIII. Chanson de pirates IX. La captive X. Clair de lune XI. Le voile XII. La sultane favorite XIII. Le derviche XIV. Le château-fort XV. Marche turque XVI. La bataille perdue XVII. Le ravin XVIII. L’enfant XIX. Sara la baigneuse XX. Attente XXI. Lazzara XXII. Vœu XXIII. La ville prise XXIV. Adieux de l’hôtesse arabe XXV. Malédiction XXVI. Les tronçons du serpent XXVII. Nourmahal-la-Rousse XXVIII. Les djinns XXIX. Sultan Achmet XXX. Romance mauresque XXXI. Grenade XXXII. Les Bleuets XXXIII. Fantômes XXXIV. Mazeppa XXXV. Le Danube en colère XXXVI. Rêverie XXXVII. Extase XXXVIII. Le Poëte au calife XXXIX. Bounaberdi XL. Lui XLI. Novembre Notes des premières éditions NOTES DE CETTE ÉDITION. Le Manuscrit des Orientales I. Notes explicatives II. Variantes et vers inédits Notes de l’Éditeur I. Historique des Orientales II. Revue de la critique III. Notice bibliographique IV. Notice iconographique Illustration des Œuvres. — Reproductions et documents Couverture de l’édition originale. — Deux dessins de Victor Hugo. — Le Feu du ciel (Louis Boulanger). — La Captive (Gavarni). — Sara la baigneuse (Théophile Gautier). — Grenade (Benjamin Constant). — Les Bleuets (Charles Landelle). — Fantômes (Louis Boulanger). Un fac-similé : Les Djinns . PRÉFACE DE L’ÉDITION ORIGINALE. L’auteur de ce recueil n’est pas de ceux qui reconnaissent à la critique le droit de questionner le poëte sur sa fantaisie, et de lui demander pourquoi il a choisi tel sujet, broyé telle couleur, cueilli à tel arbre, puisé à telle source. L’ouvrage est-il bon ou est-il mauvais ? Voilà tout le domaine de la critique. Du reste, ni louanges ni reproches pour les couleurs employées, mais seulement pour la façon dont elles sont employées. À voir les choses d’un peu haut, il n’y a, en poésie, ni bons ni mauvais sujets, mais de bons et de mauvais poëtes. D’ailleurs, tout est sujet ; tout relève de l’art ; tout a droit de cité en poésie. Ne nous enquérons donc pas du motif qui vous a fait prendre ce sujet, triste ou gai, horrible ou gracieux, éclatant ou sombre, étrange ou simple, plutôt que cet autre. Examinons comment vous avez travaillé, non sur quoi et pourquoi. Hors de là, la critique n’a pas de raison à demander, le poëte pas de compte à rendre. L’art n’a que faire des lisières, des menottes, des bâillons ; il vous dit : Va ! et vous lâche dans ce grand jardin de poésie, où il n’y a pas de fruit défendu. L’espace et le temps sont au poëte. Que le poëte donc aille où il veut, en faisant ce qui lui plaît ; c’est la loi. Qu’il croie en Dieu ou aux dieux, à Pluton ou à Satan, à Canidie ou à Morgane, ou à rien, qu’il acquitte le péage du Styx, qu’il soit du sabbat ; qu’il écrive en prose ou en vers, qu’il sculpte en marbre ou coule en bronze ; qu’il prenne pied dans tel siècle ou dans tel climat ; qu’il soit du midi, du nord, de l’occident, de l’orient ; qu’il soit antique ou moderne ; que sa muse soit une muse ou une fée, qu’elle se drape de la colocasia ou s’ajuste la cotte-hardie. C’est à merveille. Le poëte est libre. Mettons-nous à son point de vue, et voyons. L’auteur insiste sur ces idées, si évidentes qu’elles paraissent, parce qu’un certain nombre d’ Aristarques n’en est pas encore à les admettre pour telles. Lui-même, si peu de place qu’il tienne dans la littérature contemporaine, il a été plus d’une fois l’objet de ces méprises de la critique. Il est advenu souvent qu’au lieu de lui dire simplement : Votre livre est mauvais, on lui a dit : Pourquoi avez-vous fait ce livre ? Pourquoi ce sujet ? Ne voyez-vous pas que l’idée première est horrible, grotesque, absurde (n’importe !), et que le sujet chevauche hors des limites de l’art ? Cela n’est pas joli, cela n’est pas gracieux. Pourquoi ne point traiter des sujets qui nous plaisent et nous agréent ? les étranges caprices que vous avez là ! etc., etc. À quoi il a toujours fermement répondu : que ces caprices étaient ses caprices ; qu’il ne savait pas en quoi étaient faites les limites de l’art , que de géographie précise du monde intellectuel, il n’en connaissait point, qu’il n’avait point encore vu de cartes routières de l’art, avec les frontières du possible et de l’impossible tracées en rouge et en bleu ; qu’enfin il avait fait cela, parce qu’il avait fait cela. Si donc aujourd’hui quelqu’un lui demande à quoi bon ces Orientales ? qui a pu lui inspirer de s’aller promener en Orient pendant tout un volume ? que signifie ce livre inutile de pure poésie, jeté au milieu des préoccupations graves du public et au seuil d’une session ? où est l’opportunité ? à quoi rime l’Orient ?… Il répondra qu’il n’en sait rien, que c’est une idée qui lui a pris ; et qui lui a pris d’une façon assez ridicule, l’été passé, en allant voir coucher le soleil. Il regrettera seulement que le livre ne soit pas meilleur. Et puis, pourquoi n’en serait-il pas d’une littérature dans son ensemble, et en particulier de l’œuvre d’un poëte, comme de ces belles vieilles villes d’Espagne, par exemple, où vous trouvez tout : fraîches promenades d’orangers le long d’une rivière