シラノ・ド・ベルジュラック — Edmond Rostand
PERSONNAGES : À la création À la reprise 1897 1913 MM. MM. CYRANO DE BERGERAC Coquelin. Le Bargy. CHRISTIAN DE NEUVILLETTE Volny. Pierre Magnier. COMTE DE GUICHE Desjardins. Desjardins. RAGUENEAU Jean Coquelin. Jean Coquelin. LE BRET Castillan. Etiévant. CARBON DE CASTEL-JALOUX Gravier. Jean Kemm. Les Cadets { Péricaud. Mernet. Demey. Martin. Noizeux. Fuchs. Terval. Boisjardins. Armand. Rougemont. Kirtal. Lerville. Hossard. Robert. Etc. Etc. LIGNIÈRE Rebel. Collen. DE VALVERT Nicolini. Basseuil. Un Marquis Walter. Walter. Deuxième Marquis Laumonier. Le Goff. Troisième Marquis Hémery. Glénat. MONTFLEURY Péricaud. Chabert. BELLEROSE Davril. L. Christian. JODELET Cartereau. P. Garnier. CUIGY Godeau. Danequin. BRISAILLE Borges. R. Lévy. Un fâcheux Person. Laporte. Un Mousquetaire Carlit. Lhérys. Un autre Durand. Parny. Un Officier espagnol Albert. Richaud. Un Cheveau-léger Doubleau. Laverne. Le Portier Jourdan. Angély. Un Bourgeois Loiseau. Person. Son Fils Chabert. Henriot. Un Tire-laine Bourgeois. Émilien. Un Spectateur Samson. Charles. Un Garde Danequin. Trévoux. Bertrandou le Fifre G. Monpeurt. Paryot. Le Capucin Ravart. Lucien. Deux Musiciens { Gaston Henry. Nerval. Damon. Trémont. Les Poètes { William. Laurent. Leroy. Charly. Etc. Dorval. { Mallet. Foucault. Bercha. Marty. Etc. Etc. Mmes Mmes ROXANE Maria Legault. Andrée Mégard. Sœur MARTHE Esquilar. Yvette. LISE Blanche Miroir. V. Tessier. La Distributrice Kerwich. Messery. Mère MARGUERITE de JÉSUS Bouchetal. L. Himmel. La Duègne Bourgeois. Blémont. Sœur CLAIRE Pannetier. Lauris. Une Comédienne Lucienne. Dizella. La Soubrette Varennes. Dancourt. Les Pages { Marthe Marty. Darlot. Loisier. Morre. Bertha. Bertha. Etc. Andlot. La Bouquetière *** Rose. La foule, bourgeois, marquis, mousquetaires, tire-laine, pâtissiers, poètes, cadets gascons, comédiens, violons, pages, enfants, soldats, espagnols, spectateurs, spectatrices, précieuses, comédiennes, bourgeoises, religieuses, etc. (Les quatre premiers actes en 1640, le cinquième en 1655.) Tous droits de reproduction, de traduction et de représentation réservés pour tous pays y compris le Danemark, les Pays-Bas, la Suède et la Norvège. PREMIER ACTE UNE REPRÉSENTATION À L’HÔTEL DE BOURGOGNE PREMIER ACTE UNE REPRÉSENTATION À L’HÔTEL DE BOURGOGNE La salle de l’Hôtel de Bourgogne, en 1640. Sorte de hangar de jeu de paume aménagé et embelli pour des représentations. La salle est un carré long ; on la voit en biais, de sorte qu’un de ses côtés forme le fond qui part du premier plan, à droite, et va au dernier plan, à gauche, faire angle avec la scène, qu’on aperçoit en pan coupé. Cette scène est encombrée, des deux côtés, le long des coulisses, par des banquettes. Le rideau est formé par deux tapisseries qui peuvent s’écarter. Au-dessus du manteau d’Arlequin, les armes royales. On descend de l’estrade dans la salle par de larges marches. De chaque côté de ces marches, la place des violons. Rampe de chandelles. Deux rangs superposés de galeries latérales : le rang supérieur est divisé en loges. Pas de sièges au parterre, qui est la scène même du théâtre ; au fond de ce parterre, c’est-à-dire à droite, premier plan, quelques bancs formant gradins et, sous un escalier qui monte vers des places supérieures, et dont on ne voit que le départ, une sorte de buffet orné de petits lustres, de vases fleuris, de verres de cristal, d’assiettes de gâteaux, de flacons, etc. Au fond, au milieu, sous la galerie de loges, l’entrée du théâtre. Grande porte qui s’entre-bâille pour laisser passer les spectateurs. Sur les battants de cette porte, ainsi que dans plusieurs coins et au-dessus du buffet, des affiches rouges sur lesquelles on lit : La Clorise. Au lever du rideau, la salle est dans une demi-obscurité, vide encore. Les lustres sont baissés au milieu du parterre, attendant d’être allumés. Scène première Le Public, qui arrive peu à peu. Cavaliers, Bourgeois, Laquais, Pages, Tire-laine, Le Portier, etc., puis les Marquis, CUIGY, BRISSAILLE, La Distributrice, les Violons, etc. (On entend derrière la porte un tumulte de voix, puis un cavalier entre brusquement.) Le portier, le poursuivant. Holà ! vos quinze sols ! Le cavalier. Holà ! vos quinze sols ! J’entre gratis ! Le portier. Holà ! vos quinze sols ! J’entre gratis ! Pourquoi ? Le cavalier. Je suis chevau-léger de la maison du Roi ! Le portier, à un autre cavalier qui vient d’entrer. Vous ? Deuxième cavalier. Vous ? Je ne paye pas ! Le portier. Vous ? Je ne paye pas ! Mais… Deuxième cavalier. Vous ? Je ne paye pas ! Mais…Je suis mousquetaire. Premier cavalier, au deuxième. On ne commence qu’à deux heures. Le parterre Est vide. Exerçons-nous au fleuret. (Ils font des armes avec des fleurets qu’ils ont apportés.) Un laquais, entrant. Est vide. Exerçons-nous au fleuret.Pst… Flanquin… Un autre, déjà arrivé. Champagne ?… Le premier, lui montrant des jeux qu’il sort de son pourpoint. Champagne ?…Cartes. Dés. (Il s’assied par terre.) Champagne ?…Cartes. Dés.Jouons. Le deuxième, même jeu. Champagne ?…Cartes. Dés.Jouons.Oui, mon coquin. Premier laquais, tirant de sa poche un bout de chandelle qu’il allume et colle par terre. J’ai soustrait à mon maître un peu de luminaire. Un garde, à une bouquetière qui s’avance. C’est gentil de venir avant que l’on n’éclaire !… (Il lui prend la taille.) Un des bretteurs, recevant un coup de fleuret. Touche ! Un des joueurs. Touche ! Trèfle ! Le garde, poursuivant la fille. Touche ! Trèfle ! Un baiser ! La bouquetière, se dégageant. Touche ! Trèfle ! Un baiser ! On voit !… Le garde, l’entraînant dans les coins sombres. Touche ! Trèfle ! Un baiser ! On voit !…Pas de danger ! Un homme, s’asseyant par terre avec d’autres porteurs de provisions de bouche. Lorsqu’on vient en avance, on est bien pour manger. Un bourgeois, conduisant son fils. Plaçons-nous là, mon fils. Un joueur. Plaçons-nous là, mon fils.Brelan d’as ! Un homme, tirant une bouteille de sous son manteau et s’asseyant aussi. Plaçons-nous là, mon fils.Brelan d’as ! Un ivro