Nietzsche's Morality — Pierre Lasserre
La morale de Nietzsche | Project Gutenberg You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.org . If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook. Title : La morale de Nietzsche Author : Pierre Lasserre Release date : December 20, 2024 [eBook #74945] Language : French Original publication : Paris: Garnier frères, 1923 Other information and formats : www.gutenberg.org/ebooks/74945 Credits : Laurent Vogel (This file was produced from images generously made available by The Internet Archive) *** START OF La Doctrine officielle de l’Université (Critique du haut enseignement de l’État. — Défense et théorie des humanités classiques). Portraits et Discussions. Les Chapelles littéraires (Claudel, James, Péguy). Les idées de Nietzsche sur la musique. Henri de Sauvelades , roman. EN PRÉPARATION : Ernest Renan (2 volumes in-16 colombier). Chez PLON-NOURRIT , éditeur Le Crime de Biodos , roman. Cinquante ans de pensée française. Chez PAYOT et C ie , éditeur L’Esprit de la musique française (de Rameau à l’invasion Wagnérienne). Ouvrage couronné par l’Académie française. Frédéric Mistral , poète, moraliste, citoyen ( Couronné par l’Académie française ). Chez Bernard GRASSET Philosophie du goût musical. Renan et nous. (Collection « Les cahiers verts ».) Chez CRÈS , éditeur La Promenade insolite , roman. A la Nouvelle Librairie Nationale M. Alfred Croiset , historien de la Démocratie athénienne. Droits de traduction et de reproduction réservés pour tous pays, y compris la Suède, la Norvège et le Danemark. La morale de Nietzsche | Project Gutenberg NOUVELLE PRÉFACE Voici la réimpression d’un petit ouvrage paru en 1903, composé en 1897, et qui fut, peu s’en faut, mon début dans les lettres. Il était épuisé depuis longtemps et, si nous nous décidons, mon excellent éditeur et moi, à en donner une édition nouvelle, c’est tout simplement parce que les libraires n’avaient pas cessé de le demander. Le motif de son exhumation n’est nullement fourni par les circonstances présentes. On comprendra, cependant, que je ne veuille point remettre dans le commerce une œuvre de jeunesse qui touche à de graves et passionnants problèmes, qui agite beaucoup d’idées, sans quelques explications préalables. Ce petit livre est avant tout un exposé de Nietzsche, mais c’est un exposé relevé de quelques accents de sympathie intellectuelle qui ont une apparence de recommandation. C’est, à la vérité, un exposé fort tendancieux. Il n’est pas inexact le moins du monde. Il ne fait pas dire autre chose à Nietzsche que ce que Nietzsche a dit réellement. Mais il laisse de côté toute une partie des idées nietzschéennes, celle qui m’intéressait le moins. Je n’ai pas donné le coup de pouce à mon auteur. J’ai seulement dégagé ce que je trouvais chez lui de bon. Une analyse plus complète ne contredira pas la mienne ; elle juxtaposera de nouveaux éléments à ceux que j’ai voulu mettre en lumière ; peut-être montrera-t-elle aussi que ce que j’ai pris dans la philosophie de Nietzsche en constitue bien le principal, qu’il en forme le centre d’inspiration et comme le cœur. Voilà pourquoi, ce petit livre, bien qu’inspiré par un dessein particulier, garde à mon sens une valeur historique et critique. Quel était ce dessein ? Et méritait-il assez d’être approuvé, pour que, dans la maturité de l’âge, je publie à nouveau ce qu’il m’inspira ? La matière de cet ouvrage, écrit en 1898, avait été publiée en 1899 par l’ Action française , qui venait de naître sous la forme d’une petite revue. Elle avait été divisée en plusieurs articles qui portaient ce titre commun : Nietzsche contre l’anarchisme . Un écrivain, qui n’est plus de ce monde, s’y intéressa et me conseilla vivement d’en faire un volume. Comme j’étais sans crédit dans la librairie, il se chargeait des démarches. Je lui en fus et lui en demeure reconnaissant. Mais il gâta, dans une certaine mesure et sans mauvaise intention, le service qu’il me rendait en me persuadant de rejeter le titre que j’avais choisi et qui, à ce qu’il m’affirmait, ne réussirait pas et en me proposant celui qui a été adopté. J’ai découvert depuis que le mot d’ anarchisme , étalé sur la couverture, le chiffonnait. Il avait eu, dans son temps, quelques faiblesses (purement littéraires) pour l’anarchisme. Il s’en était délivré, pour revenir, momentanément au moins, à des idées d’ordre ; il n’aimait pas que le nom de son vieux péché fût étalé avec trop d’éclat. Ma formule lui apparaissait comme une espèce de vignette criarde où l’on voyait l’anarchisme rossé par le puissant jouteur qu’est Nietzsche. Cela ne lui plaisait qu’à demi. Je n’ai d’ailleurs saisi ces nuances que plus tard. Dans ma naïveté, je pris ce conseil pour argent comptant. Je me disais que, dans un livre, c’est le contenu qui importe et non le titre. Je ne me suis pas, depuis ce temps, rallié à l’opinion contraire, bien que, sous une absurdité apparente, celle-ci cache une espèce de sagesse. Du moins ai-je reconnu qu’un titre qui forme contresens, qui va jusqu’à dénaturer l’objet et le genre du livre qu’il annonce, est chose fâcheuse. C’est, je l’avoue, le cas du mien. Il ne m’est plus possible d’en mettre un autre. Mais je prierai instamment mes lecteurs de faire en pensée la rectification. Je n’ai jamais pris Nietzsche pour un maître de morale, bien que je le considère comme un moraliste de grande pénétration, un de ceux qui peuvent le mieux nous aider à connaître et comprendre ses compatriotes. Ce sont deux caractères fort différents. On peut être observateur aigu des mœurs et des âmes et manquer de bon sens, de sagesse et d’humanité dans la direction pratique des hommes. La « morale de Nietzsche » ne me dit rien qui vaille. Mais elle comprend tout au moins un article excellent : son étude de l’anarchisme. Je m’en tiens à Nietzsche contre l’anarchisme . L’idée d’anarchisme est une