モーパン嬢 — Théophile Gautier
Beaumarchais. You may copy it, give it away or re-use it under the terms of the Project Gutenberg License included with this eBook or online at www.gutenberg.org . If you are not located in the United States, you will have to check the laws of the country where you are located before using this eBook. Title : La Folle Journée ou le Mariage de Figaro Author : Pierre Augustin Caron de Beaumarchais Release date : February 13, 2007 [eBook #20577] Most recently updated: April 24, 2007 Language : French Other information and formats : www.gutenberg.org/ebooks/20577 Credits : Produced by Chuck Greif and the Online Distributed Proofreading Team at http://www.pgdp.net (This file was produced from images generously made available by the Bibliothèque nationale de France (BnF/Gallica) at http://gallica.bnf.fr) *** START OF Cet Ouvrage se trouve, À Versailles , chez BLAIZOT , libraire du roi. À Bordeaux , chez les frères LABOTTIERE . À Lille , chez J. J. JACQUEZ . À Grenoble , chez BRETTE . À Bayonne , chez FAUVET DU HARD . À Bruxelles , chez DUJARDIN . À Nantes , chez DESPILLY . À Rennes , chez ROBIQUET , l'aîné. À Nîmes , chez GAUDE et compagnie. À Montpellier , chez RIGAUD, PONS et compagnie. À Châlons-sur-Saône , chez DE LIVANI . À Angers , chez PAVIE , libr.-impr. du roi. Et chez les principaux libraires des autres villes du royaume. AVIS DE L'ÉDITEUR. Par un abus punissable, on a envoyé à Amsterdam un prétendu manuscrit de cette pièce, tiré de mémoire et défiguré, plein de lacunes, de contre-sens et d'absurdités. On l'a imprimé et vendu en y mettant le nom de M. de Beaumarchais . Des comédiens de province se sont permis de donner et représenter cette production, comme l'ouvrage de l'auteur; il n'a manqué à tous ces gens de bien que d'être loués dans quelques feuilles périodiques. LA FOLLE JOURNÉE, OU LE MARIAGE DE FIGARO, COMÉDIE EN CINQ ACTES, EN PROSE. PAR M. DE BEAUMARCHAIS. Représentée pour la première fois, par les Comédiens français ordinaires du Roi, le mardi 27 avril 1784. En faveur du badinage, Faites grace à la raison. Vaud. de la pièce. DE L'IMPRIMERIE DE LA SOCIÉTÉ LITTÉRAIRE-TYPOGRAPHIQUE; Et se trouve à Paris, Chez RUAULT , libraire, au Palais-Royal, près le théâtre, nº 6. 1785. AVIS DE L'ÉDITEUR. PRÉFACE. CARACTERES ET HABILLEMENS DE LA PIECE. PERSONNAGES. ACTE PREMIER. ACTE II. ACTE III. ACTE IV. ACTE V. PRÉFACE. En écrivant cette préface, mon but n'est pas de rechercher oiseusement si j'ai mis au théâtre une pièce bonne ou mauvaise: il n'est plus temps pour moi; mais d'examiner scrupuleusement, et je le dois toujours, si j'ai fait une oeuvre blâmable. Personne n'étant tenu de faire une comédie qui ressemble aux autres; si je me suis écarté d'un chemin trop battu, pour des raisons qui m'ont paru solides, ira-t-on me juger, comme l'ont fait MM. tels, sur des règles qui ne sont pas les miennes? imprimer puérilement que je reporte l'art à son enfance, parce que j'entreprends de frayer un nouveau sentier à cet art dont la loi première, et peut-être la seule, est d'amuser en instruisant? Mais ce n'est pas de cela qu'il s'agit. Il y a souvent très-loin du mal que l'on dit d'un ouvrage à celui qu'on en pense. Le trait qui nous poursuit, le mot qui importune reste enseveli dans le coeur, pendant que la bouche se venge en blâmant presque tout le reste. De sorte qu'on peut regarder comme un point établi au théâtre, qu'en fait de reproche à l'auteur, ce qui nous affecte le plus est ce dont on parle le moins. Il est peut-être utile de dévoiler aux yeux de tous ce double aspect des comédies, et j'aurai fait encore un bon usage de la mienne, si je parviens en la scrutant à fixer l'opinion publique sur ce qu'on doit entendre par ces mots: Qu'est-ce que LA DÉCENCE THÉÂTRALE ? À force de nous montrer délicats, fins connaisseurs, et d'affecter, comme j'ai dit autre part, l'hypocrisie de la décence auprès du relâchement des moeurs, nous devenons des êtres nuls, incapables de s'amuser et de juger de ce qui leur convient: faut-il le dire enfin? des bégueules rassasiées, qui ne savent plus ce qu'elles veulent, ni ce qu'elles doivent aimer ou rejeter. Déjà ces mots si rebattus, bon ton , bonne compagnie , toujours ajustés au niveau de chaque insipide cotterie, et dont la latitude est si grande qu'on ne sait où ils commencent et finissent, ont détruit la franche et vraie gaieté qui distinguait de tout autre le comique de notre nation. Ajoutez-y le pédantesque abus de ces autres grands mots décence et bonnes moeurs , qui donnent un air si important, si supérieur, que nos jugeurs de comédies seraient désolés de n'avoir pas à les prononcer sur toutes les pièces de théâtre, et vous connaîtrez à peu-près ce qui garote le génie, intimide tous les auteurs, et porte un coup mortel à la vigueur de l'intrigue, sans laquelle il n'y a pourtant que du bel esprit à la glace, et des comédies de quatre jours. Enfin, pour dernier mal, tous les états de la société sont parvenus à se soustraire à la censure dramatique; on ne pourrait mettre au théâtre les Plaideurs de Racine , sans entendre aujourd'hui les Dandins et les Brid'oisons , même des gens plus éclairés, s'écrier qu'il n'y a plus ni moeurs, ni respect pour les magistrats. On ne ferait point le Turcaret sans avoir à l'instant sur les bras, fermes, sous-fermes, traites et gabelles, droits-réunis, tailles, taillons, le trop-plein, le trop-bu, tous les impositeurs royaux. Il est vrai qu'aujourd'hui Turcaret n'a plus de modèles. On l'offrirait sous d'autres traits, l'obstacle resterait le même. On ne jouerait point les Fâcheux , les Marquis , les Emprunteurs de Molière, sans révolter à la fois la haute, la moyenne, la moderne et l'antique noblesse. Ses Femmes savantes irriteraient nos féminins bureaux d'esprit; mais quel calculateur peut évaluer la force et la longueur du levier qu'il faudrait, de nos jours, pour élever jusqu'au théâtre l'oeuvre sublime du Tartuffe ? Aussi l'auteur qui se compromet avec le public pour l'amuser, ou pour l'instruire , au lieu d'intrigu